vendredi 20 mars 2015
samedi 28 février 2015
ON EST ENSEMBLE-NOUS SOMMES ENSEMBLE
Entendu au moment où deux
Camerounais ou Camerounaises se disent au-revoir, l’expression « on est
ensemble » est à comprendre dans son sens large et approfondi. C’est ce à
quoi nous convie ce modeste retour sur cette phrase pleine de sens.
Cette expression est portée par
une forme d’intersubjectivité ; je ne suis pas seul au monde ; je
suis au monde avec les autres. Grâce à eux, je peux me cultiver, m’instruire ;
ils participent ainsi à ma croissance humaine et spirituelle. Ils me permettent
d’avancer. Leur présence participante à ce que j’entreprends m’édifie.
Le "on est ensemble" est aussi et
surtout un motif de se porter, de se supporter et s’apporter mutuellement du
soutien dans un labeur qui se construit par les autres qui m’aident ainsi.
Cette expression est portée par
une forme de communion d’esprit qui nous rassemble, qui nous unit, qui nous
fédère au-delà des nos différences. La communion fraternelle construite sur l’amour
et le respect mutuel veulent donc que dans cette pirogue qui nous porte sur les
eaux, il sied de respecter la place de l’autre. Nous sommes dans la même
pirogue ; si elle chavire, nous chavirons tous. Le « on est
ensemble » intervient comme la base de la construction de la relation
interpersonnelle, familiale et elle peut aboutir à une véritable prise au
sérieux de la place de chacun dans la nation.
Quelle est la place que je
réserve à l’autre ? comment est ce que je travaille à ce qu’il soit dans
la paix, dans l’harmonie avec lui-même ; une compréhension du « nous
sommes ensemble » désire donc voir une nation construite sur la justice,
le respect du droit et des libertés fondamentales. Qu’est ce que vivre dans le
bonheur si d’autres par contre végètent dans la grande pauvreté, la grande
précarité, la grande humiliation due à leurs conditions tristes de vie ? Peut
–on donc dire en ce moment là que « nous sommes ensemble » ? N’est
ce pas justement le moment de revenir à la raison et travailler pour ces
situations frustrantes soient éradiquées par tous ?
Cette formule, du « nous
sommes ensemble » est en somme, une motivation, un mot très fort qui
rassemble, assemble et fait vivre les uns par les autres. C’est une éthique de
la rencontre, de l’accueil et de la compassion vécus. Le mot « on est
ensemble » marque la volonté de tous de se rencontrer et de s’édifier
mutuellement. On n’est jamais seul au
monde, dans une hospitalité vécue dans la vérité, l’on se reçoit les uns les
autres, l’on vit pour s’aider, s’entraider.
Dans les situations difficiles vécues par la Nation, cette expression nous motive et nous fait nous serrer les coudes; revenant ainsi à tous les proverbes qui font la force de notre culture.
To be continued..
Akono François-Xavier.
Escapade sur le Mont Cameroun, Le char des dieux
Haaaa le 21 février 2015 !
Se fut mémorable en tout point ...
Parti de Douala le vendredi soir, le duo de choc a eu le temps de visiter la zone estudiantine de Buea (ville du sud ouest Cameroun dans laquelle se trouve se mythique mont) lors d'une balade pédestre et de prendre quelque force pour l'escapade en montagne.
Samedi 21, très motivé et ravie de refaire cette ascension mythique, nous sommes allés à la rencontre du char des dieux, prêt de 4km à parcourir. Accompagné d'un guide très sympathique, nous avons battu notre record de temps pour atteindre le dernier refuge qui se trouve à environ 2 800 mètre. Nous avons sur le trajet rencontrée la reine Sarah Etonde (7 fois championne féminine de la course de l'espoir qui se déroule sur le parcours que nous allions suivre), le DG de l'entreprise Hysacam et ses collaborateurs, profité de la beauté du paysage et discuté avec d'autres passionnés (en français ou en anglais).
Motivé par cet exploit nous avons décidé de faire le chemin retour le même jour et de dormir à Douala ... Sur le retour nous avons compris pourquoi la course a été baptisé ''course de l'espoir'' ... En effet, il a fallu beaucoup d'espoir et de courage pour descendre parce qu'il fallait surmonter les douleurs du corps et les difficultés du trajet: malgré tout nous avons atteint notre objectif. La question sur la méthode adoptée par les coureurs pour ne fait qu'environ 4h de temps (allé et retour) reste tout un mystère.
Retour à Douala, retour à la réalité et à ses péripéties ... Comme pour beaucoup d'autre chose, il ne nous reste plus que les quelques images prises et nos souvenirs...
Merci !!
Se fut mémorable en tout point ...
Parti de Douala le vendredi soir, le duo de choc a eu le temps de visiter la zone estudiantine de Buea (ville du sud ouest Cameroun dans laquelle se trouve se mythique mont) lors d'une balade pédestre et de prendre quelque force pour l'escapade en montagne.
Samedi 21, très motivé et ravie de refaire cette ascension mythique, nous sommes allés à la rencontre du char des dieux, prêt de 4km à parcourir. Accompagné d'un guide très sympathique, nous avons battu notre record de temps pour atteindre le dernier refuge qui se trouve à environ 2 800 mètre. Nous avons sur le trajet rencontrée la reine Sarah Etonde (7 fois championne féminine de la course de l'espoir qui se déroule sur le parcours que nous allions suivre), le DG de l'entreprise Hysacam et ses collaborateurs, profité de la beauté du paysage et discuté avec d'autres passionnés (en français ou en anglais).
Motivé par cet exploit nous avons décidé de faire le chemin retour le même jour et de dormir à Douala ... Sur le retour nous avons compris pourquoi la course a été baptisé ''course de l'espoir'' ... En effet, il a fallu beaucoup d'espoir et de courage pour descendre parce qu'il fallait surmonter les douleurs du corps et les difficultés du trajet: malgré tout nous avons atteint notre objectif. La question sur la méthode adoptée par les coureurs pour ne fait qu'environ 4h de temps (allé et retour) reste tout un mystère.
Retour à Douala, retour à la réalité et à ses péripéties ... Comme pour beaucoup d'autre chose, il ne nous reste plus que les quelques images prises et nos souvenirs...
Merci !!
jeudi 5 février 2015
Note d’écoute : « LA NATION » de DEBORDO LEEKUNFA.
Note d’écoute :
« LA NATION » de DEBORDO LEEKUNFA.
Mon habitude
de mélomane me conduit à une chanson : « LA NATION » de DEBORDO
LEEKUNFA qui chante en général en Eburnie, et fait danser au rythme du "coupé-décalé". Je veux comprendre le contexte
de l’inspiration de l’artiste ; le contenu de sa chanson. Voilà les deux
parties qui vont structurer mon argument selon lequel : la nation est une
entité à bâtir ensemble. Une question délicate : chante-t-il pour la Côte d'Ivoire? De quelle nation s'agit-il? Il est difficile de le savoir; sans doute que son propos certes contextuel a valeur d'interpellation des hommes et des femmes de son temps. Notre méditation sur le contexte d'éclosion de son propos, nous le situons au pays de l'Ivoire.
Le contexte
proche de composition de la chanson
Parue aux
environs de 2011 (du moins, si l’on juge de son post sur le site de
divertissement https://www.youtube.com/watch?v=_Km4Iq6dAto) la chanson,
« LA NATION » du musicien DEBORDO LEEKUNFA est contemporaine des
troubles politiques d'Eburnie.
Ce pays a connu le coup d’état, la Rébellion des Forces du Nouveau, les événements post-électoraux de
2011 qui virent plusieurs morts pour cause de querelle autour de la personne
qui a gagné les élections présidentielles : « ---- »
ou « ---».
C’est la
preuve que le citoyen DEBORDO LEEKUNFA, qui joue de la musique n’est pas
indemne de ce contexte qui motive son inspiration immédiate. Il est remarquable
que l’acte citoyen se pose non seulement en une critique des politiques
mortifères mais ramène à la conscience du vivre-ensemble dans un même espace
dénommé la nation.
Certes l’étymologie
du mot « nation » dans le contexte eburnien a vu l’éclosion du mot « éburnité »
qui est une excroissance interprétative du fait d’être né de Père et de Mère
éburnien. Le critère de naissance d’originaires de la nation est donc ce
vecteur d’exclusion pour qui veut postuler aux charges présidentielles. C’est
un débat qui est dangereux qu’il faut interroger philosophiquement afin d’éviter
de telles dérives d’appartenances.
Si tel est le
contexte polémique de production de cette musique, comment comprendre l’intention
de l’artiste ? Et quels développements critiques pouvons-nous émettre sur
la base des paroles dudit chant ?
La structure de la
chanson
Le chant se
compose d’une ouverture, d’un corps et d’une sortie. Que nous dit le texte ?
L’ouverture
L’ouverture ou
l’introduction est une parole sur fond musical d’invocation priante ; on y
entend, « bolingo, ya solo » (l’amour vrai traduit du Lingala);
en arrière plan du texte, l’âme du mélomane est transportée par un air
spirituel qui l’accueille par le souffle infusé des instruments. Qu’est ce qui
justifie cet élan spirituel ? Est-ce un appel à l’amour ; un appel à
s’aimer les uns les autres ? L’interprétation sera examinée au fil du
corps du texte. Est-ce une manière d’exorciser les démons de la division qui
hantaient son pays ? Est-ce pour appeler Dieu au secours de l’humanité qui
se déchire ? Est-ce une supplication mélodieuse adressée au Père de tous
les humains ? L’interprétation plausible qui écarte la référence au divin
est toutefois reprise par les harmoniques d’amour qu’inspire cette
introduction. Elle peut être interprétée comme une prière d’introduction sous
forme de supplique, pourrait se lire
comme un appel à Dieu ; cette ouverture
a les airs d’une invocation qui veut apaiser.
Le développement
du texte de la chanson
Je m’appelle « au
pas la nation »
« Désormais
je m’appelle OPA LA NATION, tu le sais ;
ALORS, mon
devoir c’est de mettre la NATION, OPA »
Cette séquence
phraséologique est la marque d’une
personne qui se lève et se soulève contre sa propre inertie. L’adverbe « désormais »
qui précède la position de soi comme « JE » est à la fois une rupture
et un nouvel élan. C’est un réveil brutal comme après une nuit cauchemardesque ;
l’artiste invite à s’interroger ; avant qui était-il ? Quel était son
statut au sein de la société d’Eburnie ? La nomination de « soi »
est posée à la première personne du
singulier : « JE ». La précédence de la nomination de soi qui
est suivie par la nouvelle détermination est une rupture entre le désordre et l’ordre.
Je me nomme « au pas la nation » signifie la décision de se poser
comme un maître qui redresse ce qui est courbé.
Remettre les choses dans leur vrai ordre ; et dans leur vraie
finalité. La notion de « nation » qui est usitée est celle d’un
ensemble géographique qui comprend des personnes nées au sein du même
territoire. L’artiste est en cela fidèle aux définitions de ce qu’est la nation
disponible en philosophie politique ou en sciences politiques. Nous y sommes nés, et nous vivons. En cela,
il rejoint la définition du dictionnaire le Petit
Robert, qui fait de la Nation « un groupe humain constituant une
communauté politique, établie sur un territoire et personnifié par une autorité
souveraine ». Certes, comme mentionné dans le contexte d’éclosion de son
chant, il sied de s’interroger si réellement la Côte d’Ivoire représente une « communauté
politique », un ensemble de citoyens réunis au sein du même territoire. Nous ne reviendrons pas sur le questionnement
que la notion de nation connut dans les développements des sciences politiques
et de la philosophie politique occidentale.
Nous nous concentrons plutôt sur l’usage qu’est fait par l’artiste dans
cette musique qui interpelle.
Comment va-t-il
redresser la nation ? S’il se dénomme désormais « AU PAS LA NATION »,
il casse l’inertie par une prise de parole responsable. Il est un sujet d’imputation
morale qui assume ses propres paroles ; ses capacités pensantes s’orientent
dès lors, vers une contestation qui a pour mot phrase et mot motivant : « je
dis non » qui reviendra tout au long de la chanson. Ce pouvoir de dire « non »
que l’artiste pose est situable dans la tradition de philosophie critique qui
est une véritable contestation par la force de la critique.
La réflexion
critique est l’une des possibilités de l’être humain. C’est réaliser sa vocation
humaine que d’habiter le questionnement qui pèse et évalue les situations
humaines. Critiquer c’est donc émettre un jugement ; c’est venir à la
racine des choses et les évaluer sérieusement. Réfléchir, selon le mot de
Hannah Arendt, « cela veut toujours [dire] penser
de manière critique ; et réfléchir de manière critique, cela signifie que
chaque pensée sape en fait ce qu’il y a
de règle rigide et de conviction générale ; » en cela, l’artiste
rejoint la sphère critique de la vie sociopolitique. Il pense. Il conteste. Il examine
de manière critique son propre contexte, sa propre nation. C’est pourquoi sa prise de position est un
énoncé qui secoue les dérives des politiciens.
Je dis non aux
politiques de division
Le propos
critique de l’artiste s’adresse aux dirigeants politiques. Il ouvre son propos
par une supplication qui marque aussi un dépit « é, Dieu », est ce
qui entendu en Eburnie quand une personne est dépassée par un événement et qu’elle
souhaite en retour la voir s’améliorer. L’exclamation « é Dieu » est
donc une prière, un appel à faire autrement les choses. C’est prendre le
créateur à témoin devant les égarements des faux leaders. L’artiste est respectueux
de ses dirigeants ; c’est pourquoi il énonce des propos incisifs à leur
endroit. Soucieux de toucher le cœur des
dirigeants, il emploie le mot affectif de « papas » ; les
dirigeants politiques pour DEBORDO LEEKUNFA sont la figure du papa qui est
rappelé à son devoir de protection, de sécurité et d’aide à faire grandir la maisonnée.
L’on comprend mieux pourquoi, il emploie dans la suite du chant, la métaphore
de la Nation comme une famille. Les liens de la nation s’inspirent de la
famille dans la mesure où ils se reçoivent du même héritage à la fois
biologique et spirituel, culturel et humain. La famille connait ses tensions,
ses déchirures mais il importe de se mettre au dessus et de recoudre le tissu
fraternel distendu par une incompréhension. « La famille, rien que la
famille ». Par l’appel au sentiment familial, l’artiste est peut être dans
le registre affectif ; mais il lui revient néanmoins d’interpeller la
famille par des questions adressées aux responsables.
Que demande-t-il
aux dirigeants ? Sa volonté de mettre la nation au pas est une
interpellation à éviter les politiques de violence. Quels sont ces dirigeants
qui sont si radicaux qu’ils décident de s’entretuer et de tuer les innocents ?
Cette interpellation est grosse des morts inutiles que l’ambition politique a
causée. Une telle pratique est la partie la plus abjecte de la politique qui se
confond dès lors à la transgression des interdits de voler et de tuer. L’artiste
a contrario invite les dirigeants à se distinguer par le respect de l’injonction
éthique : « tu ne tueras point ». Le visage d’autrui (E. LEVIANS) qui se
présente devant le bourreau est une supplication ; un renvoi à l’humanité
en lui et chez lui. C’est le retour à la question de Dieu à Caïn : « Qu’as-tu
fait de ton frère ? » ; « suis-je le gardien de mon frère ? »
Oui, tu es le gardien de ton frère qui te regarde et te dit qu’il veut vivre.
L’artiste, en
plus de cet appel à la morale de la responsabilité politique, nous oriente
également à observer le domaine des pulsions mortifères et mortelles. Il est
possible d’interpréter son mot « Arrêtons tout ça » dans le sens d’un
questionnement des pratiques thanatocratiques.
C’est l’insistance à questionner tout ce qui dans la société tue et anéantit l’autre,
soit par rapport à ses opinions politiques ou religieuses. Quels sont ces
citoyens qui veulent se détruire et coïncider avec les forces de violence qu’ils
portent en eux ou en elles ? Par ce retour à ce qui anéantit, il est
possible de revenir au mythe égyptien d’Isis et d’Osiris qu’affronte le couple Seth
et Nephtys. Le monde est ainsi divisé entre des forces de vie et des forces de
mort qui s’opposent dans le cœur humain et dans la réalité. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin ;
il propose de quitter le « ça » dans l’inteprétation freudienne de pulsion
mortelle dans l’une de ses dimensions.
Pour des politiques
du dialogue
Comment dépasser
les politiques de division ; ne faut-il pas s’asseoir et discuter ?
Tel est le pas constructif de la chanson. « Pardonnez, asseyez-vous
discutez ». DEBORDO LEEKUNFA insiste sur des dimensions de la politique
comme espace dialogual entre des partenaires sociaux. Il appelle les dirigeants
à avoir la culture du dialogue constructif. Les normes de cette construction
passent par l’inscription à se regarder, à cause et à discuter autour de l’arbre
à palabres. Convoquer ainsi toutes les franges de la population au dialogue
constructif requiert que chacun abandonne sa position et accepte la vertu du
pardon.
Que signifier
dialoguer ?
Pour aller
plus loin, mettons DEBORDO LEEKUNFA en transversale avec les pensées de Fabien
Eboussi Boulaga et Eric Weil. Il est possible de comprendre son propos « asseyez-vous
discuter » dans le sens de la palabre et de la discussion.
La
palabre est convoquée pour résoudre des différends ; les membres du clan
sont invités pour prendre part aux assises et à chacun est donnée la parole.
Les protagonistes du conflit montrent déjà qu’ils veulent résoudre le conflit.
La participation des uns et des autres est collégiale et marque la ratification
de tous aux conclusions des assises. La place du chef bien que prépondérante
n’implique pas qu’il faille infléchir sur les décisions à prendre ; ce
sont les anciens qui président ; ils délibèrent ; en fonction de leur
âge, il leur est interdit des positions partisanes. La confrontation entre les deux parties est
totale, elle donne à connaître les sources du conflit, c’est à l’assistance de montrer les torts, en
recourant au contre interrogatoire ; le jeu de la réciprocité dans les échanges
sera-t-il respecté ? Peut-on
employer l’éthique de l’harmonie de la palabre dans les institutions politiques
et démocratiques ? Par contre, pour Éric Weil, la discussion est le socle
de l’État constitutionnel car il s’agit désormais d’un échange humain ou
la parole est échangée par une éthique de la discussion. Il suffit de fixer des
règles de procédures en vue du bien commun. Le bien en lui-même devient sujet
de la discussion qui peut s’appliquer au droit et à l’interprétation de la
tradition. La communauté devient ainsi structurée par le langage. Elle peut
chercher la vérité dans la discussion aristotélicienne. En fait, dans la
discussion, l’homme peut opter pour la vertu. La discussion peut également se
démocratiser dans les institutions.
La conclusion
L’artiste sait bien
que ses propos vont choquer son auditoire ; et, pour finir, il salue
révérencieusement son auditoire par un galimatias que lui seul comprend. La
chanson s’achève donc par le fait de s’excuser les sensibilités et les
mauvaises habitudes. Son mérite c’est d’avoir pensé de manière critique. La pensée
critique qui secoue les chemins connus de médiocrité implique de s’installer
dans l’inconfort de la pensée questionnante.
Tout compte
fait, le texte est un mélange de
langues africaines et d’onomatopées qui appartiennent à l’animation musicale
des DJ. L’un des paroles intéressantes est celle celle où il dit « a lobi
kitoko » (il a bien parlé). Concluons par les mots de l’artiste qui nous a
conduits à travers une méditation sur le sens de la « nation ». « Les politiques divisent ma nation, je
dis non ; les politiques veulent détruire mon pays, je dis non ; faut
pas la nation que je suis, je dis non »
« Pardonnez, asseyez-vous discutez »
« La famille, rien que la famille »
Merci l’artiste !
mais prochainement, fais moins d’ATALAKOU des sportifs ; je te taquine
car, ce sont sans doute tes sponsors majeurs. Mais peut être "y'a même pas l'homme", comme tu le dis. Clin d’œil.
Akono
François-Xavier.
mercredi 21 janvier 2015
La personne humaine aime-t-elle la raison et la vie ?
La personne humaine aime-t-elle
la raison et la vie ?
Je me demande s’il ne nous faut
pas questionner quelques notions léguées par la tradition scolaire et
académique.
je questionne tout d'abord Aristote pour qui l’homme est un animal
politique doué du langage raisonnable ;
la seconde notion interrogée, je la prends
sur la base de compréhension d’un aspect mis en évidence par quelques
penseurs, philosophes et théologiens d’Afrique et africanistes (Tempels, Mveng, Mulago, Mbiti); à savoir, la vie comme
socle de compréhension de l’existence quotidienne de nos terroirs. Je questionne
ces notions sur la réalité des faits du terrorisme et de l’observation des
morts inutiles liées à la mauvaise politique d’accaparement du pouvoir. Si la raison est la faculté de
penser, de méditer et de comprendre le monde afin de devoir s’orienter, il sied
de s’interroger. L’homme est-il doué de raison ? Les langages de la force
ne sont-ils pas à l’opposé de la vie humaine ? La déviation volontaire de
la question du « est-elle » au « aime-t-elle » vise un
renversement ; on a trop pensé l’être et on a oublié « l’amour » ;
or, poser son existence en termes qui questionne si j’aime me permet d’orienter
l’existence par les tonalités affectives de ce qui anoblit le soi et l’autre.
Ce
cadre posé, deux questions m’orientent : la personne humaine aime-t-la
raison ? La personne humaine aime-t-elle la vie ?
Aimer la raison ou la déraison ?
Je prends l’une des figures
polémiques de l’humanité, à savoir le terroriste. Est-il doué de raison ? Il n’a peut être pas lu Aristote ; mais
du fait qu’il ait la même apparence que le « bipède raisonnable »,
que physiologiquement il ait un cerveau reconnu comme l’organe de la réflexion,
il faut s’interroger. S’il a un cerveau, à quoi emploie-t-il son cerveau ?
A concevoir des plans d’attaque ? A vouloir, conduire les autres de force
à sa « foi » ? A faire du monde des humains des croyants par la
force brute ? A détruire les édifices de « foi » des autres ?
Est-ce à cela que sert la raison ? La raison sert-elle à fabriquer des
armes à feu qui détruiront la vie de l’autre ? La raison sert-elle à
employer la violence gratuite pour défendre une cause qui est de soi seul connu ?
Est-elle l’organe qui médite sur la domination du monde par la construction d’outils
mortifères à la grande joie de l’industrie des armes qui avance et
augmente son compte bancaire ? Puisque, pour que les humains satisfassent
leur instinct destructif, il faut bien acheter les armes et les employer. Il est
difficile de conclure que la personne humaine soit douée de raison ; est-il fou ou
folle ?
Si l’intelligence est mise dans l’orientation du mépris de soi et
des autres, peut-on affirmer que cette intelligence soit au service de la
raison ? Si la raison demeure une faculté, elle doit s’exercer ; elle
devrait réaliser ses possibilités ; la réalisation des possibilités
revient à ramer à contre courant de l’animalité qui est destruction, instinct
belliqueux et habitation de la noble place qui construit et milite en faveur de
l’effectuation des capacités à construire des espaces de et pour la vie. Au
regard des paragraphes qui précèdent, il est ardu de conclure que le terroriste
aime la raison ; et qu’il chérit plutôt la déraison.
Aimer la vie ou la mort ?
Pour questionner si réellement l’africain
et l’humain tout court aime la vie, je m’appuie sur l’article 4 de la
Déclaration africaine des Droits de l’homme et des peuples qui stipule : « La
personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie
et à l'intégrité physique et morale de sa personne: Nul ne peut être privé
arbitrairement de ce droit. » (Charte
Africaine des Droits de l’Homme et des peuples) L’actualité nous prouve
pourtant le contraire. Si tel est le cas, je m’interroge donc de manière
suivante : « est ce que les premiers penseurs africanistes et d’Afrique
(Tempels, Mulago, Kagame, Mveng, Hebga, Hountondji, Eboussi Boulaga, etc) se sont trompés en inscrivant la vie (dans ses multiples contours vie avec les
autres, vie pour les autres, hospitalité, solidarité) comme base de
compréhension de la vision du monde des africains ?
Ce que j’observe, c’est une
certaine mutation ; je vois des
morts semés et répandus à la fois par le terrorisme et la police qui tue les
manifestants contre la mauvaise politique. Si tel est le constat empirique, il
convient donc d’affirmer que ce n’est plus « la force vitale »
(Tempels relisant les Luba) ; mais la force brutale qui est exercée. Ces deux catégories, le terroriste le
pourri-tique, brutalisent la vie des
citoyens ; ils ne la respectent guère. Respecter la vie de chacun revient
à le laisser « vivre sa vie » ; c'est-à-dire à exercer ses
capacités de résolution des problèmes liés à son environnement ; il ou
elle veut bien vivre. S’il manifeste son mécontentement, par la voie de la
casse, n’est ce pas qu’il est excédé ? Qu’il ou elle se rend compte que sa
vie est méprisée ? Il n’a pas de quoi se vêtir, de quoi payer ses études,
de quoi travailler après ses études universitaires ; quelle est la qualité
de sa vie ?
Si la personne humaine commence à
aimer la raison ; si la personne humaine commence à aimer la vie, je pense
que l’humanité fera un grand bond. A revers, la personne humaine qui déchoit de
son humanité (Eboussi Boulaga) devient banale ; sa vie risque ne pas avoir
de l’épaisseur ; cette personne aura traversé l’existence en fantôme. « Les
gens (pourri-ticiens ; terroristes) là nous prennent pour de vrais paplés !
(fous) » « ils nous prennent pour des mbout (gaous) » ; or, la force du gaou réside dans l’esprit critique.
Akono François-Xavier.
dimanche 28 décembre 2014
Pour une vie conjugale harmonieuse
Pour une vie conjugale harmonieuse
- DIEU
Quelle est la place de Dieu dans
notre vie ? Avons-nous le courage et l’humilité de le reconnaître comme
celui qui nous a aimés les premiers ? Savons-nous que l’amour conjugal est
une réponse à l’amour de Dieu (commandement) . En effet, l’intime communauté de
vie et d’amour conjugal (fondée par le Créateur et structurée par ses lois) est
instaurée par ses lois est instaurée par l’alliance des conjoints c est à dire, par leur consentement mutuel
irrévocable. Pour Dieu, en effet, l’alliance matrimoniale
(homme+femme=consortium pour toute la vie) est ordonnée au bien des époux à la
génération et à l’éducation des enfants.
Quelle est la place de la prière
dans le couple ? Et les sacrements ? Et sans cesse, une relecture
devant Dieu, des moments de joie, de crise et de paix. Donc, insister sur une
évaluation continuelle dans la perspective d’une action de grâces et d’une
amélioration de ce qui dépend de nous.
2. NOUS-DEUX
L’amour comme engagement envers
l’autre doit primer. Quelles peuvent être les caractéristiques de l’amour
conjugal ? C’est un amour pleinement humain ; c’est un amour total
(forme d’amitié personnelle qui se structure par le partage) ; c’est un
amour exclusif qui conduit va jusqu’à la mort. C’est un amour fécond…
Comment ici, l’attention à
l’autre, la compassion et d’autres ressorts fonctionnent comme dynamisme de la
relation. Une dimension importante : la VERITE … LA VERITE … faite de sincérité et d’honnêteté
3. LES AMIS-LA FAMILLE
Comment les tenir en estime et les intégrer à leur juste place, sans
interférence, ni ingérence ? Sera-t-on à mesure de garder un espace propre
au couple ? Comment les écouter sans démission de nos propres capacités
réflexives…
4. LES ENFANTS
Quel est ton sens de l’éducation
des enfants, dimension humaine, chrétien ? Comment les conduire tous
ensemble au sens de la responsabilité et de l’excellence ?
5. LES FINANCES
Comptes personnels ? Comptes
communs ? Et le régime des biens ? En avoir une idée claire et nette,
puis voir le point de vue de l’autre… Dans une concession mutuelle… Se tenir le
langage de la vérité… Comment avoir le
sens de la mesure, et de la juste proportion dans ce qu’on a ensemble ?
6. LES LOISIRS
Savoir se détendre ensemble.
Faire attention à ce qui lui plaît et ne pas trop être critique à l’égard d’un
loisir qu’on apprécie pas trop.
7. LA SEXUALITE
Le mariage unit deux personnes
qui sont sensées s’aimer et par là, vivre ensemble. L’Eglise a toujours
considéré l’acte sexuel comme acte d’union ; elle fait valoriser que même
dans la dynamique propre de la sexualité, les partenaires doivent être
attentifs l’un à l’autre pour obtenir une pleine satisfaction ; cela à
condition que les partenaires s’aiment.
En parler sincèrement en
distinguant, tendresse, volupté, désir…
discernement en vue du mariage.
-
Quelle est vie de couple qui te convient.
-
L’intelligence de reconnaître celle que Dieu a choisie pour toi (est-elle déjà là ou alors, dois-tu encore attendre) et la force de
l’accepter
Pour l’instant, à mon sens, le
discernement, pour une éventuelle décision de se marier avec l’une ou l’autre
doit intégrer, selon ton tempérament et ta structure d’esprit, les aspects
suivants :
Un discernement rationnel
fait de côtés positifs et négatifs que tu relis sans cesse. D’abord, pour
décider, tu dois intégrer ce qui te conduit à voir en quoi tu peux vivre avec
l’une plutôt qu’avec l’autre. (Au cas où il y’aurait plusieurs possibilités) Les aspects de sa personnalité où tu es amené
à rendre grâce à Dieu. Comment, à partir de ses qualités, tu peux être conduit
à dire « merci » à Dieu de t’avoir donné une telle amie… Et comment
ses qualités, que tu peux dénombrer t’orientent vers elle comme choix
définitif. C’est vrai comme le disait un de mes cousins, « j’aime ma
femme, parce que… ».
Examiner aussi, lucidement, les
aspects de ton tempérament, de tes convictions, de tes faiblesses qui, mises
ensemble, peuvent vous conduire à une acceptation mutuelle, et quel sens du
compromis, de la mort à soi même vous avez tous les deux au point de considérer
l’amour qui vous lie comme plus fort que ce qui à un moment, relève d’une
incompréhension passagère, ou durable. Insister
sur les défauts qui peuvent être améliorer…
C’est ainsi que la personne qui
peut remettre en question ses propres positions et peut s’excuser pour l’un ou
l’autre manquement, et avoir le sens du pardon.
Le choix rationnel doit toujours
être fait dans une logique où, te souvenant de la fin pour laquelle tu es créé,
tu en viens donc à choisir ce qui va davantage « louer, révérer et servir
Dieu » et par là, parvenir au Salut.
Les avantages à vivre ensemble
sont-ils plus nombreux que ceux de reconnaître en toute vérité que c’est impossible, et ce, pour des raisons
objectives et reconnaissables par tous…
A un second niveau, beaucoup
plus intérieur,
Tu peux considérer les
« motions » des esprits. Ça consiste à quoi ?
A l’idée de vivre une vie de couple avec l’une ou l’autre, quels sont les sentiments qui t’habitent, ce, dans la durée, (joie, peine, tristesse, chagrin, angoisse). Et à partir de là, dans une relecture quotidienne, tu peux donc voir que tu inclines davantage vers l’une que vers l’autre. Tu peux également avoir une meilleure connaissance d’une possible vie à deux avec l’une plutôt que l’autre, par le moyen d’une alternance de la lumière faite de l’expérience des « consolations » (en arriver à louer Dieu pour celle-ci, et l’aimer en Dieu ; voir comment l’Esprit te donne quiétude en sa présence… te rendant la vie agréable) et des « désolations » (trouble, tristesse, tension, agitation,…) spirituelles avec l’une ou l’autre. Voir comment le Seigneur te comble à la présence de l’une ou l’autre. S’il y a divers choix.
A l’idée de vivre une vie de couple avec l’une ou l’autre, quels sont les sentiments qui t’habitent, ce, dans la durée, (joie, peine, tristesse, chagrin, angoisse). Et à partir de là, dans une relecture quotidienne, tu peux donc voir que tu inclines davantage vers l’une que vers l’autre. Tu peux également avoir une meilleure connaissance d’une possible vie à deux avec l’une plutôt que l’autre, par le moyen d’une alternance de la lumière faite de l’expérience des « consolations » (en arriver à louer Dieu pour celle-ci, et l’aimer en Dieu ; voir comment l’Esprit te donne quiétude en sa présence… te rendant la vie agréable) et des « désolations » (trouble, tristesse, tension, agitation,…) spirituelles avec l’une ou l’autre. Voir comment le Seigneur te comble à la présence de l’une ou l’autre. S’il y a divers choix.
samedi 20 décembre 2014
Et si nous avions tort ...
Et si nous avions tort dans notre imitation servile?
Le thème de nos échanges est l’imitation servile. Celle-ci s’observe dans les références qui semblent être les nôtres. Nous, en tant qu’africains, et africaines, n’allons nous pas finir par nous nier ? L’Occident se présente à nous comme un miroir qui nous déforme. Quelques pistes de cette déformation sont repérables dans quelques phénomènes de société.
Démarrons notre examen de conscience par le Concours de miss, il s’agit du concours de la plus belle femme... Comme en Europe, cette compétition de beauté est également organisée dans plusieurs pays d’Afrique. La question qui se pose est celle des critères choisis pour la sélection de l’heureuse élue. Manifestement, le critère de la minceur est choisi au vu du nombre de femmes couronnées par les jurys de cette compétition. Alors être mince, grande de taille, savoir sourire et savoir parler en public est la référence. Si je suis petite et joufflue ne suis je donc pas présentable? Heureusement que les gouts et les couleurs ne se discutent pas. Il serait tout de même plus intéressant de valoriser des modèles proches de la réalité et en bonne santé parce que le modèle prétendu occidental de beauté risque de créer bien des frustrations chez les filles/femmes d’Afrique. Pourquoi vote t'on pour ces modèles?
Demeurons même dans les goûts de certains qui décident de se décaper. Pourquoi changent-ils ou elles de peau ? n’est ce pas le fait d’un complexe d’infériorité reconnu et ratifié ? La peau blanche est la peau véritable. L’on s’oublie et l’on change ainsi. L’on devient « peau noire, masque blanc ». La référence en matière d’intonation de la voix chez certaines et certains est l’accent aigu pris par certains frères et sœurs d’Afrique Subsaharienne. Ils ou elles whitisent : dans quel but ? La question qui se pose est celle de savoir pourquoi Barack Obama lui parle comme un bon NEGRO, alors qu’il a eu un père kenyan et une mère blanche. Obama élevé dans un milieu blanc, a du conquérir son africanité. Qu'est ce qu'être Africain ? C'est justement prendre sens de ce contingent qu'est la naissance dans un espace et d'en faire sens pour constituer son identité. Il revient de donner et trouver les modalités expressives d'un devenir humain dans cet espace ; quelles en sont les valeurs ? Obama s'identifie à un African de par les intonations de sa voix ; il a appris à parler comme un Africain. Il nous enseigne que l'africanité est une conquête.
L'Afrique doit se ré-inventer aujourd'hui, se reconquérir. Il revient de penser l'Afrique comme un tout ; ré-inventer l'identité africaine aujourd'hui. Ce qui nous interroge une fois de plus c’est de constater qu’on nous proposait jadis la répartition des pays en critères de développements. Il y avait d’une part, les pays développés et les pays sous développés. Les pays sous développés étaient ainsi mis à la course d’une poursuite du développement occidental, prôné comme référence. Parlons développement. Les pays dit 'sous-développés' veulent être 'développés'. Ainsi ils veulent tous s'endetter au plus au point et remplacer l'homme par des ordinateurs. Comment peut-on envier des pays où la solitude règne au détriment de la joie de vivre en communauté ? Comment envier l’Occident colonisateur, car coloniser a signifié piller, détruire les cultures des autres et s’imposer par la violence. Devra-t-on accepter de copier coller des pays où si souvent, le sens du mot liberté n'est pas très loin de libertinage ? Regardons même du point de vue politique. L’Etat occidental importé a été copié coller chez nous. Nous l’avons adopté sans discernement. Et nous nous y complaisons dans ces structures étatiques qui ne sont n’arrivent pas à bien être ancrées dans nos sociétés.
Et bien nous devrions réfléchir au chemin que nous empruntons... Faire les bons choix en évitant de reproduire les mêmes erreurs et surtout en refusant de perdre notre identité. En somme, pour défier l’aliénation servile qui nous menace, en tant que peuples d’Afrique, ne faut-il pas savoir prendre chez l'autre de quoi s'améliorer sans pour autant perdre nos valeurs ?
LE DOUTE & AFX
Le thème de nos échanges est l’imitation servile. Celle-ci s’observe dans les références qui semblent être les nôtres. Nous, en tant qu’africains, et africaines, n’allons nous pas finir par nous nier ? L’Occident se présente à nous comme un miroir qui nous déforme. Quelques pistes de cette déformation sont repérables dans quelques phénomènes de société.
Démarrons notre examen de conscience par le Concours de miss, il s’agit du concours de la plus belle femme... Comme en Europe, cette compétition de beauté est également organisée dans plusieurs pays d’Afrique. La question qui se pose est celle des critères choisis pour la sélection de l’heureuse élue. Manifestement, le critère de la minceur est choisi au vu du nombre de femmes couronnées par les jurys de cette compétition. Alors être mince, grande de taille, savoir sourire et savoir parler en public est la référence. Si je suis petite et joufflue ne suis je donc pas présentable? Heureusement que les gouts et les couleurs ne se discutent pas. Il serait tout de même plus intéressant de valoriser des modèles proches de la réalité et en bonne santé parce que le modèle prétendu occidental de beauté risque de créer bien des frustrations chez les filles/femmes d’Afrique. Pourquoi vote t'on pour ces modèles?
Demeurons même dans les goûts de certains qui décident de se décaper. Pourquoi changent-ils ou elles de peau ? n’est ce pas le fait d’un complexe d’infériorité reconnu et ratifié ? La peau blanche est la peau véritable. L’on s’oublie et l’on change ainsi. L’on devient « peau noire, masque blanc ». La référence en matière d’intonation de la voix chez certaines et certains est l’accent aigu pris par certains frères et sœurs d’Afrique Subsaharienne. Ils ou elles whitisent : dans quel but ? La question qui se pose est celle de savoir pourquoi Barack Obama lui parle comme un bon NEGRO, alors qu’il a eu un père kenyan et une mère blanche. Obama élevé dans un milieu blanc, a du conquérir son africanité. Qu'est ce qu'être Africain ? C'est justement prendre sens de ce contingent qu'est la naissance dans un espace et d'en faire sens pour constituer son identité. Il revient de donner et trouver les modalités expressives d'un devenir humain dans cet espace ; quelles en sont les valeurs ? Obama s'identifie à un African de par les intonations de sa voix ; il a appris à parler comme un Africain. Il nous enseigne que l'africanité est une conquête.
L'Afrique doit se ré-inventer aujourd'hui, se reconquérir. Il revient de penser l'Afrique comme un tout ; ré-inventer l'identité africaine aujourd'hui. Ce qui nous interroge une fois de plus c’est de constater qu’on nous proposait jadis la répartition des pays en critères de développements. Il y avait d’une part, les pays développés et les pays sous développés. Les pays sous développés étaient ainsi mis à la course d’une poursuite du développement occidental, prôné comme référence. Parlons développement. Les pays dit 'sous-développés' veulent être 'développés'. Ainsi ils veulent tous s'endetter au plus au point et remplacer l'homme par des ordinateurs. Comment peut-on envier des pays où la solitude règne au détriment de la joie de vivre en communauté ? Comment envier l’Occident colonisateur, car coloniser a signifié piller, détruire les cultures des autres et s’imposer par la violence. Devra-t-on accepter de copier coller des pays où si souvent, le sens du mot liberté n'est pas très loin de libertinage ? Regardons même du point de vue politique. L’Etat occidental importé a été copié coller chez nous. Nous l’avons adopté sans discernement. Et nous nous y complaisons dans ces structures étatiques qui ne sont n’arrivent pas à bien être ancrées dans nos sociétés.
Et bien nous devrions réfléchir au chemin que nous empruntons... Faire les bons choix en évitant de reproduire les mêmes erreurs et surtout en refusant de perdre notre identité. En somme, pour défier l’aliénation servile qui nous menace, en tant que peuples d’Afrique, ne faut-il pas savoir prendre chez l'autre de quoi s'améliorer sans pour autant perdre nos valeurs ?
LE DOUTE & AFX
vendredi 19 décembre 2014
Qu’est ce qu’un cadeau ?
A ELIANE de NKOL-REAL (=Montréal)
Décembre. Nous sommes dans l’air du temps: préparation de l'anniversaire du Père Noël. Les boutiques et les
magasins font du bénéfice. Ne leur en tenons pas rigueur. L’argent croît au rythme des cadeaux achetés
en vue d’être offerts. Quelques uns se privent, d’autres s’enrichissent ; « c’est moitié-moitié ».
Baladons nous au marché P.K.8-KONDI (de DOUALA). La bayam-salam
pour aguicher le client « ajoute le cadeau » sur le bâton de manioc. C’est
une forme d’excédent pour remercier l’acheteur. Rendons nous à la Félicia,
après un match de foot-ball ; le gardien de buts a donné le but cadeau à l’adversaire :
c’est but cadeau. Pour le comprendre en camfranglais, l’on dira, il a encaissé,
« NJOH ». Écoutons même le DJ qui fait dire à la NANA : « prends-moi
cadeau ». Le cadeau n’est pas un surplus ou un surcroît ; il n’est
pas un pis-aller ni un superflu. Comment
résister à l’existence grégaire et comprendre pourquoi je dois faire ou non un
cadeau ?
Circonstances, modalités et intention du cadeau
La personne qui fait des cadeaux doit s’interroger sur les
circonstances, (quand faire un cadeau ?) sur les motivations et les intentions ( qu'est ce qui me fait faire un cadeau, pourquoi
faire un cadeau et dans quel but) sur la manière de faire un cadeau (comment ?) ;
mieux, la personne s’interrogera sur la personne à qui est faite le cadeau (qui ?
le destinataire) ; sans doute, faire un cadeau consiste aussi à révéler à
la personne sa véritable personnalité. Dis moi comment tu offres un cadeau et
je te dirai qui tu es.
Ces préalables définis, le cadeau est un jeu de la relation et
dans la relation. L’initiative est donnée à l’un des deux partenaires qui
décide : « je veux faire un cadeau » à mon ami, à mon compagnon,
à ma compagne, à mon enfant, à mon camarade de classe, à ma fiancée, à mon
collègue. Le « quand » du cadeau est son occasion. Le temps du cadeau
est une occasion heureuse. C’est en
général le moment festif d’un anniversaire, d’un mariage, ou selon l’air du
temps, c’est Noël. Malgré l’occasion le retour sur le jeu de la relation est
intéressant. En effet, le cadeau permet de revenir sur l’intérêt porté à une
personne. J’offre un cadeau parce que j’ai assez observé la ou le concerné ;
je vis avec lui ou avec elle une relation filiale, paternelle, amicale ;
et je sais qu’il ou elle aime telle ou telle chose ; je présuppose qu’il l’appréciera.
Mais au préalable, « qui est ce je à qui je veux offrir un cadeau ? »
Quels sont ses goûts ? Quels sont
ses intérêts ? Parfois, faut ramer à contre courant de ce que le tiers
fait par obligation, faut peut être pas lui offrir quelque chose qui va lui
rappeler son travail quotidien. C’est assez contraignant ainsi. En réalité, il
est plutôt question de s’intéresser à ce qu’il ou elle aime. Est-ce qu’il aime
danser ? Aime-t-il la comédie ? Aime-t-il le cinéma ? Aime-t-elle
la lecture ? Aime-t-il l’écriture ? Aime-t-elle les vêtements ?
Aime-t-elle les voyages ? Aime-t-il la prière? Le Cadeau est donc de l'ordre du déplacement : du moi vers l'autre; du je vers le tu. Ce déplacement est une sortie de soi, c'est un déprise de son égoïsme et laisser parler son coeur.
Prendre sur son soi. Pour offrir un cadeau, l’offrant prend
nécessairement sur ce qu’il ou elle a et possède. De l’ordre du don, le cadeau
médiatise la relation du je au tu par l’entremise d’une considération et d’une
reconnaissance de l’importance de l’autre dans notre vie. Le « je »
et le « tu » partagent des sentiments d’estime.
Je lui offre donc ce
qui lui rendra content/e. Son contentement, qui est l’ intention de mon don est
médiatisé par ce qu’il ou elle recevra. Le cadeau est la matérialisation d’une
affection ressentie et que l’on souhaite manifester. C’est la part noble de soi
que la personne veut partager à sa personne. L’autre que soi qui n’est pas soi
est toutefois mis en lien avec ce que les deux sujets partagent entre eux. C’est pourquoi, le cadeau est le signe de l’amour.
Se priver par amour pour l’autre. Quand je fais un cadeau, je
me prive de ce qui me revient de droit et je l’offre à l’autre.
Le cadeau comme symbole d’amour
Le cadeau permet à deux personnes de réexaminer leur
relation. Si la fondation du cadeau est le cœur qui donne et qui se donne,
reconnaissons tout d’abord que le cadeau est de l’ordre d’un symbole d’amour du
tiers au tiers. Sa voie barrée est de faire le cadeau par convention, par
habitude et par mimétisme. On ne fait pas un cadeau parce que la société
demande de le faire ; ou encore, le cadeau n’est pas fait pour imiter les
autres de manière servile. On ne fait pas non plus un cadeau pour se
débarrasser d’une penderie encombrante ou par superflu.
Le cadeau n’appelle pas le cadeau en retour
Si offrir un cadeau est de l’ordre de la liberté de la
personne qui décide de le faire ; les partenaires n’en exigent pas pour
autant une réponse équivalente au don reçu. Le cadeau n’appelle pas nécessaire
le contre cadeau. C’est vrai qu’à Noël,
on parle d’échanges des cadeaux ; et si le partenaire est alors « moisi » ;
s’il est « nguémé » ? Certes, il devra au moins, faire du sien
pour devoir imaginer comment s’y prendre pour « faire plaisir » au
tiers.
En somme, le cadeau est l’occasion d’exercer la meilleure
part de soi ; c’est penser à l’autre et avoir le sens de l’autre. C’est
vivre pour l’autre et s’oublier soi-même.
Est-on obligé de faire un cadeau de Noël ? Suis-je
obligé de faire un cadeau de Noël ? Comment ne pas offrir des cadeaux démesurés ?
Cela nous conduit nécessairement au sain discernement. Qu'est ce que le cadeau de Noël?
AFX
dimanche 14 décembre 2014
Éducation sexuelle ...
Dans les foyers camerounais on parle peu de sexe. Et oui, l'éducation sexuelle est faite par les profs à l'école, par internet, par la télévision connectée au monde et par les amis/camarades/cousins/frères.
Comment être sûr que son enfant à la bonne information si on laisse le soin aux autres de faire son éducation? Je pense que la solution se trouve dans notre passé : comment l'éducation de mon arrière grand mère s'est elle effectuée ?
Et bien dans le temps la jeune fille marchait beaucoup avec sa mère qui dès l'apparition des premiers changements physiques apprenaient à sa fille comment se tenir. Elle lui montrait comment gérer les changements et lui apprenait le rôle d'une femme dans un foyer. Avant de l'envoyer en mariage, la mère donnait à sa fille toutes les techniques pour bien entretenir son ménage. On s'aperçoit que l'éducation sexuelle de la fille est faite par la mère tout au long de la vie de sa fille.
Pour les garçons, il existe une initiation. Pendant cette période les jeunes garçons, qui deviendront hommes au terme de l'initiation, sont formés à assurer leur rôle. Plus tard, le père et les personnes plus âgées seront ses conseillers. Lors des soirées autour du feu, les raconteurs/griots distillent à travers leurs histoires des conseils pour la jeunesse.
Aujourd'hui tout le monde court après le temps et on oublie de discuter avec nos enfants. Ceux ci posent désormais leur question au voisin parfois aussi peu expérimenté qu'eux, ils écoutent les camarades se vanter de leurs exploits dans des récits exagérés pour captiver l'auditoire et avoir plus de côte ... Voilà, à nous de prendre les bonnes décisions et de discuter avec nos enfants, nos petits frères. N'oublions pas que nous sommes leur model, aussi à défaut d'un tête à tête on peut profiter d'un documentaire regardé en famille, d'un fait divers qui fait l'actualité, d'un forum ou d'une session de formation...
Bon courage à tous les parents et grands Frères...
Le Doute
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